Ajustement de l’injection des installations photovoltaïques

Depuis janvier 2026, la Loi sur l’électricité permet aux gestionnaires de réseau de distribution d’ajuster la quantité d’électricité solaire photovoltaïque injectée sur le réseau. Cette mesure permet de limiter les pics de production solaire et de stabiliser le réseau. Pour les propriétaires d’installations photovoltaïques, l’impact est mineur. Tour d’horizon.

L’ajustement de l’injection, quèsaco ?

On parle d’ajustement de l’injection lorsque les installations solaires photovoltaïques n’injectent pas toute leur puissance sur le réseau électrique. 

Cela concerne uniquement la production d’électricité solaire injectée sur le réseau, l’autoconsommation et le stockage restent possibles à 100 % de leur capacité. 

Que dit la loi ?

La Loi sur l’électricité donne aux gestionnaires de réseau de distribution (GRDs) le droit d’exiger un ajustement de l’injection pour le réseau, mais celui-ci ne doit pas dépasser les 3 % de la production annuelle par installation. Les GRDs suisses se sont récemment entendus sur de bonnes pratiques et ont publié un document avec les recommandations pour la branche. En élément central est la nouvelle exigence de ne pas injecter plus que 70 % de la puissance nominale (maximale) de l’installation. Concrètement, tous les nouveaux onduleurs installés dès 2026 devront être paramétrés par les installateurs et installatrices pour respecter cette limitation. 

Pourquoi cette mesure est-elle nécessaire ?

L’idée est de tendre vers un système global fiable et efficient. Les installations photovoltaïques produisent rarement à pleine capacité, sauf à certains moments de l’année. Ce sont justement ces pics de production qui saturent le réseau électrique. Nous pourrions adapter le réseau pour accueillir une électricité excédentaire, mais cela coûterait trop cher. L’ajustement de l’injection permet de limiter ces pics sans investissements massifs et d’accueillir des milliers d’installations photovoltaïques supplémentaires sur notre réseau.

En tant que propriétaire d’une installation photovoltaïque, pourrais-je encore profiter pleinement de mon installation photovoltaïque ?

Oui. Imaginons un dimanche matin ensoleillé. Même avec une optimisation de l’autoconsommation, en fin de matinée, l’eau du boiler est chaude, la batterie est pleine et l’autoconsommation satisfaite, l’installation produit alors plus que nécessaire, à l’instar des milliers d’autres installations photovoltaïques. C’est à ces moments qu’arrivent les pics d’injection qu’il faut réduire pour ne pas saturer le réseau. On parle de perte de production lorsque l’installation doit limiter sa production pour ne pas dépasser les 70 % (limite d’injection). Des analyses ont montré que cette limitation à 70 % ne cause que de très faibles pertes de production (entre 0 et 1 % en moyenne), alors que légalement celles-ci ne doivent pas dépasser 3 %.

Qui est concerné par cet ajustement ?

Les personnes qui changent d’onduleur ou installent une nouvelle installation photovoltaïque depuis janvier 2026. Il s’agit d’un paramétrage parmi tant d’autres pour les techniciens et techniciennes, ce qui n’est pas compliqué en soi. Les propriétaires qui possèdent déjà une installation photovoltaïque ne doivent rien entreprendre.

Est-ce la solution ?

Oui, clairement. L’ajustement de l’injection est bénéfique pour le réseau et le marché. Il offre une flexibilité du photovoltaïque. A l’instar d’une pompe à chaleur qui ne fonctionne pas toute l’année à plein régime, cette énergie doit être produite lorsqu’on en a besoin.