Groupe E décide de se séparer de sa participation dans le projet de centrale thermique de Brunsbüttel (D)

12.04.10

Pour garantir un approvisionnement en électricité fiable et compétitif à ses 265'000 clients, Groupe E a pris, en 2008, une participation minoritaire dans une société de projet portant sur la réalisation d’une centrale thermique à charbon, à Brunsbüttel, au Nord de l’Allemagne. Les études et démarches menées depuis lors ont fait évoluer le projet, à tel point qu’il ne correspond plus aux objectifs initiaux de Groupe E. Dès lors, il a été décidé de mettre en vente cette participation.

En 2008, Groupe E a signé une souscription portant sur une tranche de 50 Mégawatts dans le projet de centrale thermique de Brunsbüttel, auprès de la société allemande SüdWestStrom Kraftwerk GmbH & Co KG. Pour mémoire, 50 Mégawatts équivalent à la production de quelque 300 millions de kilowattheures (kWh) par année, soit la consommation d'environ 85'000 ménages. Ce faisant, Groupe E intégrait une société chargée de mener à bien les études préliminaires, puis les différentes phases du projet.

Les objectifs initiaux ne sont plus remplis

Groupe E a décidé d'intégrer cette société de projet dans le but d’assumer sa responsabilité première : garantir l’approvisionnement de ses 265’000 clients. La production d’une telle centrale lui aurait, en effet, permis de renforcer significativement son autoproduction. En augmentant sa part de production propre, Groupe E pouvait aussi gagner en indépendance par rapport aux marchés de l’électricité et, par là, disposer d’une plus grande maîtrise quant à l’évolution de ses tarifs.

Aujourd’hui, alors que l’étude de ce projet de centrale est toujours en cours de développement, Groupe E constate que ce dernier n’est plus en phase avec ses attentes premières. Le modèle retenu ne permet plus d’obtenir de l’électricité à prix coûtant mais se rapproche d’une simple participation financière, ce qui n’est pas de nature à améliorer la sécurité d’approvisionnement des clients de  Groupe E.

Par ailleurs, le projet ne prévoit pas encore le captage du CO2 émis, ce que les dirigeants de Groupe E considèrent comme une condition importante. De plus, le coût de la compensation des émissions de CO2 sur la totalité de la durée de vie de la centrale n’est pas clairement défini. Cela constitue évidemment une inconnue financière de taille qui n’est pas sans inquiéter Groupe E.

Enfin, l’étude du projet de centrale accuse un retard de deux ans. Avec pour conséquence pour Groupe E, une immobilisation des montants concernés - qui ne peuvent être affectés à d’autres projets – ainsi que la nécessité de faire face à ses contraintes d’approvisionnement en continuant à acheter les volumes concernés sur les marchés.


Des alternatives sont recherchées

Bien que le projet prévoie une rentabilité financière intéressante et que le permis de construire soit attendu pour cet été, l’évolution des conditions de départ et une sensibilité de la clientèle par rapport à ce type de centrale, ont amené Groupe E à mettre en vente sa participation au projet. Vu la qualité économique de cette dernière, Groupe E ne doute pas qu’elle trouvera rapidement preneur.

Pour sécuriser son approvisionnement à long terme, Groupe E doit à présent rechercher des alternatives à cet investissement, sous forme de nouveaux projets, de participations ou de contrats à long terme. A ce titre, Groupe E est convaincu que le mix énergétique (nucléaire, gaz, hydraulique et nouvelles énergies renouvelables) reste la seule solution réaliste par rapport aux possibilités actuelles et aux besoins futurs en électricité.

Afin de réduire son manque de production propre et d’assurer la sécurité de l’approvisionnement sur toute sa zone de desserte, Groupe E étudie actuellement différentes options. A long terme, Groupe E, au travers de sa société fille Groupe E Greenwatt, va investir 350 millions de francs dans le domaine des nouvelles énergies renouvelables comme l’éolien, la biomasse, la mini-hydraulique et le solaire afin de produire 300 millions de kWh par an de courant vert d’ici à 2030, soit le 10% de l’énergie consommée par ses clients. D’autres projets sont à l’étude à moyen terme, comme la construction d’une centrale à cycle combiné à Cornaux. D’une puissance de 400 MW, celle-ci permettrait à Groupe E de faire passer son autoproduction à 90% et de diversifier ses modes de production. Ce projet dépend cependant d’un assouplissement des conditions cadres en matière de compensation de CO2 au niveau fédéral pour ce genre de centrale. Groupe E a également acquis au début de l’année une part de 100 millions de kWh par an d’origine hydroélectrique en devenant actionnaire principal de Forces Motrices de Conches SA (Gommerkraftwerke – GKW).